Mines : ce que recherche l’AFC dans un secteur valorisé à 29 500 milliards USD en Afrique

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Mines : ce que recherche l’AFC dans un secteur valorisé à 29 500 milliards USD en Afrique

Publié le 15 octobre 2026 · Agence Ecofin
Mines : ce que recherche l’AFC dans un secteur valorisé à 29 500 milliards USD en Afrique

(Agence Ecofin) – Derrière les entreprises qui exploitent les mines africaines se trouve une diversité d’acteurs financiers, des investisseurs boursiers aux institutions du continent. Parmi eux figure notamment l’Africa Finance Corporation (AFC), banque multilatérale panafricaine créée en 2007 et basée au Nigeria.

Mercredi 14 octobre, lors de l’Africa Mining Week, qui se tient cette semaine au Cap, en Afrique du Sud, l’Africa Finance Corporation (AFC) a réitéré son soutien au secteur minier africain. L’institution a profité de l’occasion pour annoncer son projet de créer une société d’investissement dédiée à l’exploration, afin de combler le déficit croissant de financement dans ce domaine sur le continent.

Au-delà des objectifs affichés, cette initiative illustre la place grandissante des mines dans la stratégie d’investissement de l’AFC qui évalue la richesse minière de la région à 29 500 milliards USD. L’initiative a été présentée par Franklin Edochie, directeur adjoint et responsable du département Métaux et Mines de l’AFC.

Selon lui, ce nouveau véhicule d’investissement devrait être opérationnel dans les 12 prochains mois. Il aura pour objectifs d’accroître les réserves minérales du continent, de stimuler la production continentale et de renforcer la souveraineté minière de l’Afrique. En attendant d’en savoir davantage sur ses modalités de fonctionnement et ses ressources financières, ce futur dispositif devrait venir compléter un portefeuille d’investissements déjà étendu dans le secteur minier africain.

En 2024, l’institution basée au Nigeria indiquait avoir investi « plus d’un milliard USD dans l’exploitation minière des métaux précieux et des minéraux critiques en Afrique » depuis 2014. Cet engagement couvre plusieurs pays et projets, de la mine d’or Segilola, au Nigeria, au projet aurifère de Baomahun, en Sierra Leone, développé par FG Gold. Ce dernier a obtenu une facilité de financement de 55 millions USD auprès de l’AFC. Plus récemment, en mars 2026, l’institution a signé un protocole d’accord avec le Fonds de développement des minéraux solides du Nigeria (SMDF). Celui-ci prévoit notamment d’examiner le financement d’un projet d’alumine évalué à 1,3 milliard USD et la réalisation d’un programme complet de cartographie géoscientifique.

Financer le développement et viser des rendements

L’engagement de l’AFC ne répond pas uniquement à un objectif de politique industrielle. Si cette dimension reste au cœur de sa stratégie, l’institution demeure avant tout un acteur financier dont le mandat inclut la recherche de rendements pour ses actionnaires. Elle résume elle-même cette double ambition sur son site web, où elle indique avoir pour mission de « promouvoir la croissance économique et le développement industriel des pays africains, tout en offrant un retour sur investissement compétitif à nos actionnaires ».

L’AFC compte une quarantaine d’actionnaires, dont 58,6 % issus du secteur public et 41,4 % du secteur privé. Parmi eux figurent la Banque centrale du Nigeria qui détenait 38,5 % du capital au 31 mars 2026, des banques privées comme Access Bank et United Bank for Africa (UBA), ainsi que des acteurs non africains, à l’image de Türk Eximbank. Ces actionnaires sont ainsi exposés aux résultats des investissements réalisés par l’AFC dans le secteur minier et aux revenus qu’ils peuvent générer. Ceux-ci prennent notamment la forme d’intérêts sur les prêts, de dividendes issus des participations au capital de certaines compagnies ou d’autres mécanismes de rémunération.

Le financement de la mine Segilola illustre cette approche. L’AFC a soutenu son développement à travers un ensemble de financements d’un montant annoncé de 86 millions USD, combinant une facilité de prêt et un accord de préfinancement lié à la production d’or. Dans ses états financiers de 2024, Thor Explorations, la société canadienne qui exploite la mine, faisait état de la poursuite du remboursement du prêt et d’une charge d’intérêts comptabilisée de 4,1 millions USD sur celui-ci au cours de l’exercice. L’AFC détient en outre une participation dans le capital de Thor Explorations, à hauteur de 15 %, selon les informations disponibles sur MarketScreener au jeudi 15 octobre.

La création d’un nouveau véhicule d’investissement apparaît ainsi comme un instrument supplémentaire pour accompagner les activités minières de l’AFC en Afrique. Un positionnement en amont de la chaîne minière, au stade de l’exploration peut constituer un moyen d’accompagner l’émergence de nouveaux projets et de se placer tôt dans leur développement. Cette orientation s’inscrit dans un contexte où l’AFC estime que sur les 29 500 milliards USD de ressources minérales présentes dans les sites miniers africains, quelque 8 600 milliards USD restaient inexploités, témoignant d’un continent sous-exploré et la fragmentation des données géologiques, selon son Compendium of Africa’s Strategic Minerals, publié en février 2026.

Alors que le continent suscite un intérêt croissant de la part des puissances étrangères en quête de nouvelles sources d’approvisionnement en minerais critiques, notamment le cuivre, le graphite, les terres rares et le lithium, la capacité de l’AFC à concrétiser ce projet reste à suivre. L’enjeu sera notamment d’évaluer sa contribution à la création de valeur pour l’industrie minière africaine, au-delà de ses propres retombées financières.

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