Gabon : Wood Mackenzie propose un nouveau partage des revenus du pétrole offshore

OpportunitésActualitéGabon

Gabon : Wood Mackenzie propose un nouveau partage des revenus du pétrole offshore

Publié le 15 octobre 2026 · Agence Ecofin
Gabon : Wood Mackenzie propose un nouveau partage des revenus du pétrole offshore

(Agence Ecofin) – Près d’un tiers du budget gabonais dépend encore du pétrole, dont la production décline. Le Gabon prépare de nouveaux contrats pour relancer l’investissement dans ce secteur essentiel pour son économie.

Le cabinet britannique Wood Mackenzie a proposé au Gabon une réforme du partage des revenus de son pétrole offshore. Les recommandations ont été présentées mercredi 14 octobre à Cape Town, par David Parkinson, vice-président Upstream du cabinet, lors de la Semaine africaine de l’Energie (AEW).

La proposition arrive alors que le Gabon prépare un nouveau code des hydrocarbures et s’apprête à signer plusieurs contrats avec des géants pétroliers. L’américain ExxonMobil a signé un protocole d’accord en octobre 2025, suivi de l’anglo-néerlandais Shell et du britannique BP, respectivement en juin et octobre derniers.

Le ministre du Pétrole et du Gaz, Clotaire Christian Nzamba Nguema, avait annoncé en avril que ces ententes préliminaires, sans engagement contraignants à ce stade, devaient se transformer en contrats de partage de production (PSC) dans les quatre à six mois à venir.

La production pétrolière gabonaise s’est en effet contractée de 8,7 % en glissement annuel au premier trimestre 2026, selon la Direction générale de l’Économie et de la Politique fiscale. Le projet de loi de finances 2027, adopté le 18 septembre, anticipe un recul de 9 % des recettes pétrolières, avec un baril à 70 dollars.

Un nouveau partage pour les blocs ultra-profonds

La proposition de Wood Mackenzie cible les eaux ultra-profondes, où les gisements sont les plus coûteux à exploiter et sur lesquelles mise d’ailleurs le Gabon pour inverser la dynamique baissière de sa production. David Parkinson a défendu un mécanisme dit « R-factor ». Il ajuste la part de l’État selon la rentabilité réelle du projet, et non selon la seule production.

Le cabinet suggère de conserver une redevance de 19 % versée à l’État sur la valeur du pétrole extrait. Il propose aussi une part minimale de 20 % garantie à l’État sur le pétrole restant, après remboursement des coûts d’investissement. En revanche, les primes à la signature, courantes dans les PSC, seraient supprimées.

Ces primes désignent des sommes versées à l’État par l’entreprise pétrolière au moment où le contrat est signé. La proposition de leur suppression vise à abaisser le ticket d’entrée dans les blocs ultra-profonds. Le Gabon compte 26 blocs disponibles, principalement à terre et en eaux peu profondes, selon le cabinet.

L’adoption du nouveau code des hydrocarbures et son effet sur les contrats BP et ExxonMobil, attendus dans les prochaines semaines, mesureront l’accueil réservé à ces propositions. En Angola, des réformes similaires engagées à partir de 2018 ont stabilisé la production autour de 1,1 million de barils par jour, selon la Chambre Africaine de l’Energie (AEC).

05/10/2026 : Offshore profond : le Gabon prépare le terrain aux majors via un accord avec TGS